Au début des années 2000, j'ai décidé de m'engager en faveur du féminisme. J'ai donc rejoint un groupe de campagne féministe, convaincue d'avoir trouvé une organisation qui défendrait les droits de toutes les femmes de manière égale. A l’époque, un débat national faisait rage : au nom de la laïcité – la France remettait en question le droit des écolières musulmanes de porter le voile dans les écoles publiques laïques. En mars 2004, après des mois de débats, le Parlement français a voté l’interdiction du foulard dans les écoles, interdisant « les symboles ou les vêtements qui démontrent ostensiblement l’appartenance religieuse d’un élève ».
C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que cette décision était très populaire dans les cercles féministes, y compris dans le groupe majoritairement blanc dont je faisais partie. De nombreuses féministes blanches pensaient que leur mission était d’aider à émanciper les femmes et les filles musulmanes d’un type particulier de patriarcat lié à l’islam. J'ai quitté le groupe. Si les femmes musulmanes subissaient une forme spécifique d'oppression patriarcale et n'avaient vraiment aucun pouvoir d'agir ni libre arbitre lorsqu'il s'agissait de porter le hijab – un point de vue que je ne partage pas – comment cela les aiderait-il à les exclure des écoles et à accéder à des programmes d'émancipation ? connaissance?
Pour moi, la préoccupation autour du hijab semblait être une manière condescendante de singulariser un groupe de femmes majoritairement non blanches, comme si elles n'étaien...
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